Provenance
Commissioned by Frederick and Florence Bindoff, Montreal 1940
Galerie Dominion, Montreal, 1955
J.H. Laframboise et Cie, Montreal, 1955
Maurice Duplessis, 1955
Galerie Valentin, Montreal
Private Collection, Toronto
Exhibited
“Exposition d’Edmond Dyonnet, Ozias Leduc, Joseph Saint-Charles, Elzéar Soucy”, Musée de la Province du Québec, décembre 1945-janvier 1946, no. 26 “Nature morte”
“Laboratoire de l'intime: les natures mortes d'Ozias Leduc / Confidential Experiments: The Still Lifes of Ozias Leduc”, Musée d'art de Joliette, 3 June - 17 September 2017, no.10
“Collectors’ Treasures II / Trésors des collectionneurs II”, Galerie Eric Klinkhoff, Montreal, 24 October-7 november, 2020, no. 20
Literature
Jean-René Ostiguy, “Ozias Leduc: Peinture symboliste et religieuse / Ozias Leduc: Symbolist and Religious Painting”, Ottawa, Galerie nationale du Canada, 1974, p.192, reproduced
Arlene Gehmacher, in “Ozias Leduc: Une oeuvre d'amour et de rêve / Ozias Leduc: An Art of Love and Reverie”, Musée du Québec & Musée des beaux-arts de Montréal, 1996, pp. 244-247, 275, 307, reproduced p. 297
Laurier Lacroix, “Laboratoire de l'intime: les natures mortes d'Ozias Leduc / Confidential Experiments: The Still Lifes of Ozias Leduc”, Musée d'art de Joliette, 2017, pp. 26-27, 31-32, reproduced p. 27
Early in his career, in the 1890s, Ozias Leduc made a name for himself as a still life painter. He exhibited regularly, winning prizes and attracting the attention of critics with paintings that illustrated the quiet life of objects in his studio: artist materials, books, and reproductions of artwork. He then incorporated these objects into his genre scenes, with his models surrounded by his studio possessions.
In 1940, the artist took the opportunity to return to this genre when he accepted a commission from his good friends Frederick and Florence Bindoff. He had already painted their portrait and the couple owned some of Leduc’s paintings.
At age 76, Leduc revisited this subject, which has been studied extensively and been the object of many masterpieces, offering his own meditation on it. The composition displays an arrangement of books, illustrated sheets of paper and a reproduction of Michelangelo’s
sculpture “Dusk”, which overlooks the tomb of the de Medicis in Florence, and dominates the arrangement of assembled objects. By referencing a famous allegory of old age, the painter imbues the artwork with a reflection on his own state and the enduring quality of creation.
In spite of his age, Leduc presents a celebration of life and art. For the painter, life is synonymous with research, study and beauty. Leduc evokes this expression by representing books, some of which reveal their author or French title: DESTIN, A. COTE, VINCENT LE JEUNE, FOI, ELLE. They are enigmatic inscriptions, with words heavy with meaning offering hints, like a mystery to be solved. Could the magnifying glass and jar of glue be used to expand and assemble these fragments, and provide meaning and context in order to make sense of them? These tools are presented as various means at our disposal to understand the world.
Similarly, the grouping of several images ends up hiding the subject matter rather than displaying it. In the symbolic universe of Leduc, creation is a world to explore. Unobstructed, the portrait of a young woman with a halo is clearly visible in the center of an open illustrated book. She will serve as our guide: a symbol of youth in dialogue with old age, its antithesis.
The artist’s technique and application of a thick, almost granular pigment remind the viewer that the portrait is a painted image. Brushstrokes outline each plane and form, adding texture to the dense, veiled universe. We are not faced with a “trompe‒l’œil” as in Leduc’s early canvases, but rather a painting that is both solemn and intangible, a celebration of the many possibilities of his art.
We extend our thanks to Laurier Lacroix, C.M., art historian, for contributing the preceding essay.
Ozias Leduc s’est fait connaître au début de sa carrière, dans les années 1890, comme peintre de natures mortes. Il en expose régulièrement, remporte des prix, attire l’attention de la critique par le biais de toiles qui racontent la vie silencieuse des objets de son atelier : matériel d’artiste, livres, reproductions d’œuvres d’art. Puis, il les intègre dans ses scènes de genre montrant ses modèles avec ses biens qui l’entourent au quotidien.
En 1940, l’occasion lui est fournie de revenir à ce genre afin de répondre à une commande de ses grands amis, Frederick et Florence Bindoff. L’artiste a déjà peint leur portrait et ils sont les propriétaires de quelques-uns de ses tableaux.
À 76 ans, Leduc traite de nouveau d’un sujet qui a été l’objet de tant de recherche et de chefs-d’œuvre et il en propose une méditation adaptée à sa situation. La composition s’organise autour de quelques livres, de feuilles illustrées et de la reproduction de la sculpture de Michel-Ange, “Crépuscule”, qui surplombe le tombeau de des Médicis à Florence et domine la disposition des pièces réunies. Par la citation de cette célèbre allégorie de la vieillesse, le peintre inscrit une réflexion sur son état et la pérennité de la création.
En dépit de son âge, Leduc propose une célébration de la vie et de l’art. Pour l’artiste, la vie est synonyme de recherche, d’étude et de beauté. Il en réunit l’expression au moyen de livres dont quelques-uns montrent leur titre ou leur auteur : DESTIN, A. COTE, VINCENT LE JEUNE, FOI, ELLE. Inscriptions énigmatiques, où des mots lourds de sens propose un rebus, comme un mystère à résoudre. Une loupe et un pot de colle bien en évidence peuvent-ils servir pour assembler ces fragments, les approfondir, leur donner du sens et mieux les comprendre ? Ces outils se présentent comme autant de moyens dans notre compréhension du monde.
De même, les images réunies dissimulent leur sujet plutôt que l’affichent. Dans l’univers symbolique de Leduc, la création est un monde à explorer. Seule, au centre d’un livre illustré ouvert, le portrait d’une jeune femme auréolée est bien visible. Elle sera notre guide. L’illustration de la jeunesse peut entrer en dialogue avec le relief de l’âge avancé.
La technique utilisée par l’artiste, une matière picturale épaisse, comme granuleuse, insiste sur le fait qu’il s’agit bien d’une représentation peinte où le pinceau cerne les plans et les formes, donne une texture à cet univers voilé, mais dense. Nous ne sommes pas face un trompe-l’œil comme dans ses premières toiles, mais devant une peinture à la fois grave et impalpable, une célébration de toutes les possibilités de son art.
Nous désirons remercier l’historien d’art Laurier Lacroix pour son aide dans la recherche de cette œuvre et sa contribution à l’essai précédent.